Pour lire l’article via le site de Radio-Canada
Les Syndicats de l’enseignement de la région de la Mitis et du Grand-Portage ont cosigné une lettre ouverte demandant la tenue d’une enquête de la santé publique sur la violence et l’intolérance dans les écoles. En dénonçant une situation « difficile » pour les jeunes, mais aussi pour les enseignants qui en sont témoins et victimes, ils souhaitent avoir un portrait de la situation et des recommandations.
C’est la demande ultime après de vastes sondages, de vastes campagnes publicitaires pour contrer la violence
, indique Natacha Blanchet, la présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage. On a fait nos efforts, on a fait des plans de lutte, on a fait des protocoles pour contrer la violence, mais là, ça ne suffit pas.
Au total, 34 syndicats affiliés de la Fédération des syndicats de l’enseignement ont fait front commun lundi pour qu’une vaste enquête documente les violences en hausse et la montée de l’intolérance dans les écoles et les centres de formation de la province.
Cette requête survient alors que les syndicats de la région dénoncent depuis plusieurs années une augmentation des déclarations d’incidents violents dans les centres de services scolaires.AILLEURS SUR INFO : Transport collectif : QS presse Fréchette de récupérer la part du Québec du fonds fédéral
Incivilités, violences physiques et verbales, intimidation, sexisme, on a vraiment une tendance à cette violence-là partout
, déplore Mme Blanchet, dans les écoles du Bas-Saint-Laurent, comme ailleurs au Québec. On a même le courant masculiniste qui arrive dans nos écoles
, s’inquiète-t-elle.
Une situation difficile pour les jeunes et le personnel enseignant
Il faut qu’on prenne la situation en compte et qu’on arrête de balayer cette violence-là [sous le tapis], de se dire qu’on va régler ça à la pièce. Il faut vraiment avoir une réflexion plus large sur la situation
, affirme la présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage.
Si son organisation incite ses membres à remplir des rapports d’incidents, Mme Blanchet déplore que ce réflexe ne soit pas encore ancré dans les habitudes des enseignants.
Des fois, même le personnel est porté à banaliser, à dire « c’est pas grave, c’est la première fois que [cet élève] frappe »
, illustre-t-elle, mais c’est tout de même des risques psychosociaux au travail, qui ont une incidence sur ton quotidien, comme employé
, s’alarme-t-elle.
Un problème de société
Les enfants sont des éponges
de leur milieu, rappelle Mme Blanchet. C’est sûr que l’enfant qui vit des situations de violence autour de lui, il va arriver à l’école, puis il va le communiquer […] il va servir un discours sexiste, il va faire de l’intimidation.
Selon elle, le problème de la violence et de l’incivilité dépasse le milieu scolaire et nécessite une réflexion plus large.
C’est un problème de tous. En interpellant la santé publique, on se dit : tout le monde, on est ensemble.Une citation deNatacha Blanchet, présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage
Des discussions sur ce sujet seraient en cours avec le cabinet du ministre de l’Éducation, selon la présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage.